Nous sommes souvent exposés à des quantités éblouissantes de presse écrite dans nos vies quotidiennes. Beaucoup d’entre nous sommes engloutis par ces informations, desquelles il est quasiment impossible de se déconnecter. Ce flux constant de médias est puissant et même séduisant pour la plupart d’entre nous, mais souvent il n’est pas inclusif d’une diversité de cultures, mettant en avant les nouvelles les plus populaires au détriment des questions les plus importantes.

À travers l’objectif de son héritage caribéen, le travail de GA Gardner utilise le contenu médiatique pour créer une perspective intime sur son expérience interculturelle. Il dissèque, étouffe, révèle, superpose et re-contextualise le matériel dans les publications qu’il utilise, afin de construire des pièces qui examinent spécifiquement les problématiques de politique, de race, de culture et d’identité. 

Les publications de presse s’adaptent parfaitement au style de Gardner, elles offrent des palettes de couleurs vibrantes et aléatoires faisant échos à des ambiances typiquement caribéennes, et une percutante combinaison de textes et de photographies professionnelles. Cependant, les couleurs sont universelles et permettent une approche conceptuelle pour trouver des points communs entre toutes les cultures. L’artiste combine ces représentations médiatiques et informations avec du papier d’origine naturelle et des matériaux synthétiques pour exacerber son message. En déconstruisant les images en bandes, ou en morceaux de papiers déchirés, et en attribuant des nouvelles couches de couleurs unies aux matériaux, Gardner érode le contenu original à plusieurs niveaux, les réduisant souvent à des ombres avec des marques de couleurs arbitraires. Il incorpore également de l’audace de milieux urbains occidentaux, des lignes géométriques dans le style africain, des images contemporaines, et emprunte des techniques de tissage africaines et natives-américaines afin de créer des montages de textures unifiés. 

L’image qui autrefois était une Une de journal exagérée, un gros titre, ou le dernier produit tape-à-l’œil,  est désormais à peine visible, réduite au silence, elle joue un rôle secondaire aux côtés des couches de peintures et autres matériaux. La construction visuelle inopinée qui en résulte est une reconfiguration non-systématique et remaniée afin d’examiner les concepts de culture, d’héritage et du symbolisme des couleurs.